On va cuisiner ?
Eh oui, mais avant de faire ça et de se mettre à inventer de nouvelles recettes, on va se demander d’où viennent celles que nous utilisons déjà quotidiennement dans le grand repas qu’est notre vie.
Comment vous dites ? Notre vie est comparable à un repas ?
Et oui, un repas à multiples plats, et notre sentiment de bien-être dépend pour une large partie de notre façon de les préparer, décorer et servir – à nous mêmes aussi bien qu’aux gens avec qui nous interagissons.
Vous êtes quand même bien au courant du fait que l’approche appropriée pour “servir” tel ou tel message à telle ou telle personne peut faire un monde de différence quant à sa réaction, émotionelle autant que physique ?
Vous est-il parfois arrivé de vous demander si le fait de bien réfléchir avant de vous décider sur comment “faire passer la pilule” à quelqu’un qui se trouve devant de grands défis déjà sans votre message, constituait un acte d’hypocrisie ou de miséricorde ?
Avez-vous eu la chance d’opter pour la dernière au lieu de vous laisser influencer par ce que diraient les gens qui ne comprennent pas, en vous accusant de la première ? Félicitations ! Vous avez donné priorité à votre système de référence interne, invisible aux autres qui ne le partagent pas avec vous dans la forme unique que vous lui avez donné en grandissant, en analysant les situations que vous trouviez autour de vous par un système de calibrage que vous avez, comme chacun de nous, composé vous-même basé sur les avis et les indices que vous avez jugé utiles, ou bien qui vous ont été imposés par vos figures d’autorité sans avoir eu l’occasion d’en discuter.
Quoi qu’il en soit, l’expérience nous montre que lorsque nous atteignons l’âge où il nous est finalement permis de prendre nos propres décisions, et qu’on nous dit: “Eh voilà, maintenant tu es libre de donner forme à ta propre vie comme il te semble bien, et d’en porter les conséquences toi-même aussi – essaye de ne pas jeter dans le vent tous nos bons conseils quand même !”, nous portons en nous une boussole plus ou moins accordée avec notre sens de qui nous sommes, qui devra nous servir d’instrument de décision, et un ensemble de “cartes du territoire” c’est à dire une vue encore un peu insécure et peu testée sur la vie dans le grand monde et les lois “plus ou moins logiques” auxquelles nous soupçonnons qu’elle doive répondre – pour autant que nous sachions et que nous ayons été en mesure de tester ici et là pendant notre long épisode de dépendance …
… à continuer …